Appel à contribution | 7


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Savoirs en Prisme | 7 : Les émotions en discours et en image(s)

sous la direction de Emilia Hilgert, Véronique Le Ru & Machteld Meulleman

 

Comme l’étymologie l’indique (lat. motio), les émotions se manifestent comme un flux d’échange entre incorporation et externalisation. Elles peuvent être pensées comme une réaction interne à une excitation extérieure ou intérieure, qu’elle soit sensorielle ou intellectuelle, mais aussi comme un ressenti interne qui se transforme en source d’expression, qu’elle soit instinctive ou délibérée, comme dans le cadre d’une démarche artistique. Aussi n’est-il pas étonnant que les émotions donnent lieu à de multiples représentations dans le discours et les images, tout en variant d’une époque à une autre et d’une région du monde à une autre.

Certains discours et images suscitent l’émotion (comme la joie ou la tristesse qui survient lors de la lecture d’un poème ou à la vue d’une image ou d’une pièce de théâtre). Si l’on peut distinguer, d’une part, les mots de la langue, qui peuvent nommer mais non pas exprimer l’émotion, et d’autre part, les procédés linguistiques particuliers permettant de créer l’expressivité langagière, dans quelle mesure est-il possible de définir les caractéristiques formelles (prosodie, structure, etc.) de ce pouvoir émotionnel du discours ? Existe-t-il un style émotionnel ? Et qu’en est-il des propriétés picturales de ces images qui déclenchent nos réactions émotionnelles ? S’agit-il de caractéristiques universelles ou peut-on y déceler des différences culturelles ?

 

Les émotions produisent à leur tour certains types de discours et d’images. Certaines émotions comme l’indignation ou la solidarité suscitent en effet la prise de parole, que ce soit sous la forme de discours très élaborés (comme les poèmes) ou au contraire minimalistes (comme des formules du type Je suis Charlie). De même, l’expression de l’émotion peut passer par la création d’images très complexes ou au contraire très épurées (comme la tour Eiffel en signe de paix). Quelles sont les particularités de ces différentes productions ? Quelle est leur dimension sociale ? Si les signes de l’émotion varient d’une époque à une autre, et d’une région du monde à une autre, peut-on déceler des constantes dans cette variation ? Existe-t-il un lien avec les zones cérébrales ou circuits neuronaux activés ?

 

Enfin, il existe sur le plan diachronique aussi bien que synchronique une importante variété des représentations de l’émotion dans le discours et par l’image. Souvent ces représentations comportent un aspect stéréotypé. Pensons par exemple aux complaintes interminables de certains personnages amoureux, aux paysages sauvages de la peinture romantique, mais aussi à l’archétype du clown triste, etc. On peut également se demander dans quelle mesure l’aspect stéréotypé favorise ou au contraire brise la force émotive.

 

La démarche de notre revue se voulant interdisciplinaire, ce sixième numéro de Savoirs en Prisme entend rapprocher spécialistes de philosophie, civilisations étrangères, anthropologie, sociologie, lettres, arts visuels, linguistique, histoire, didactique, etc. autour des différentes thématiques évoquées suivant des angles d’approche variés mais complémentaires. Les contributions rattachées aux trois axes suivants seront privilégiées :

 

Axe 1 : Susciter des émotions de façon intentionnelle ou non

  1. par le discours (p.ex. slogans, publicités,)
  2. par l’image (p.ex. images subliminales, images « attendrissantes » de bébés animaux et humains)
  3. par d’autres media (p.ex. spectacles vivants, paysages, nourriture, etc.)

 

Axe 2 : Exprimer des émotions de façon intentionnelle ou non

  1. dans le discours (textes artistiques, silence, formules du type Je suis Charlie,)
  2. à travers les images (créations artistiques visuelles, mais aussi imagerie des émotions, etc.)
  3. dans la gestuelle ou le comportement (chez les humains ou les autres espèces)

 

Axe 3 : Représenter des émotions

  1. dans les sciences humaines et sociales (philosophie, linguistique, histoire, etc.)
  2. dans la littérature (poésie, romans, etc.)
  3. dans les arts visuels (dessin, cinéma, etc.) et les spectacles vivants (cirque, marionnettes, etc.)

 

Les propositions d’articles (une quinzaine de lignes maximum) devront préciser l’axe (ou les axes) au(x)quel(s) elles se rattachent et seront assorties d’une courte notice biographique incluant l’affiliation et l’adresse électronique. Elles sont à envoyer à l’adresse suivante avant le 1er novembre 2016 : savoirsenprisme@univ-reims.fr

 

  • Langues acceptées : français, anglais, allemand, espagnol, portugais.

 

  • Échéancier pour la rédaction de l’article proprement dit :
  • longueur du texte : 50.000 signes maximum (notes et espaces compris)
  • réponse du comité de rédaction : 20 décembre 2016
  • remise du texte : 15 avril 2017
  • retour des expertises anonymes : fin juin 2017
  • fin 2017 : parution du numéro 7 de la revue en ligne Savoirs en Prisme
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