Appel à contribution | 8

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Savoirs en prisme | 8 : Textualités et spatialités

Sous la direction de Yann Calbérac et Ronan Ludot-Vlasak

 

Dès les années 1970, le tournant linguistique a offert de nouvelles perspectives de recherche à divers domaines disciplinaires, non seulement en soulignant l’importance du langage et du discours dans les sciences sociales, mais également en permettant une approche renouvelée du texte et de l’écriture. Ce tournant a aussi ouvert la voie à un tournant spatial qui invite à davantage prendre en compte les dimensions spatiales de tous les aspects de la vie sociale. Ce renouvellement épistémologique majeur entérine l’essor des pensées post-structuralistes. Ce numéro thématique de la revue Savoirs en prisme s’inscrit dans ce double contexte et entend étudier conjointement les relations tissées entre textualités et spatialités. Cette articulation (dont s’est déjà emparée la géographie qui en a fait l’un de ses objets) peut prendre des formes diverses.

L’espace peut ainsi être représenté au cœur même du texte : la problématique est alors celle de la représentation qui détermine un régime mimétique. Le recours à des concepts spatiaux a ainsi permis de renouveler les approches critiques de la spatialité dans l’imaginaire littéraire. C’est notamment la démarche proposée par Bertrand Westphal, qui définit la géocritique comme une approche géocentrée et multifocalisée permettant d’inscrire la construction de lieux dans « une chaîne intertextuelle »[1], interculturelle et intermédiale.

Mais l’espace peut être mobilisé pour rendre compte du fonctionnement même du médium textuel, notamment des effets qu’il produit, ce qui inscrit les liens entre spatialité et textualité dans un régime poïétique. On peut alors s’intéresser aux modalités selon lesquelles l’espace peut ainsi devenir une catégorie à part entière permettant d’analyser le fonctionnement du texte et plus généralement des pratiques discursives.

C’est ce second horizon que ce numéro thématique de la revue Savoirs en prisme entend privilégier, en suscitant des contributions portant sur certains enjeux (liste non exhaustive) :

 

Des enjeux épistémologiques

Comment l’espace peut-il devenir une catégorie pertinente pour renouveler l’étude des textes (perspective que l’on pourra étendre aux autres écritures artistiques comme la musique, mais également aux formes d’écriture permises par les nouvelles technologies) ? Quelles perspectives et reconfigurations transdisciplinaires ces circulations conceptuelles rendent-elles possibles ?

 

Des enjeux théoriques

Qu’apporte à la théorisation du texte la mobilisation de ces concepts spatiaux ? Comment peut-on spatialiser la lecture et l’analyse des textes littéraires ? Quel est l’espace que construisent les textes ? Dans quelle mesure l’usage de ces concepts spatiaux dans le champ des études littéraires permet-il en retour de repenser ces derniers ?

 

Des enjeux méthodologiques

Comment effectuer cette mise en espace des textes : comment spatialiser l’analyse et l’interprétation des textes ? Quel(s) usage(s) proposer de concepts spatiaux issus d’autres champs disciplinaires (notamment des sciences sociales) dans le cadre des études littéraires ?

Instructions aux auteurs

Date limite de soumission des articles (30 000 à 50 000 signes notes et bibliographie comprises) aux responsables du numéro (yann.calberac@univ-reims.fr ET ronan.ludot-vlasak@univ-lille3.fr) : 1er octobre 2017.

Les normes de mise en forme sont disponibles sur le site de la revue : https://savoirsenprisme.com/note-aux-auteurs/

Site web de la revue : https://savoirsenprisme.com/

[1] Bertrand Westphal, La Géocritique. Réel, fiction, espace, Paris, Les Éditions de Minuit, 2007, p. 183, 193, 194.