Derrière le parfum régressif des rouleaux noirs et le plaisir innocent d’une tisane en soirée, la réglisse glisse sa malice là où on ne l’attend pas : dans ses bonbons fétiches, ses infusions ou même un trait discret de soda, cette douceur cache un ingrédient qui, comme une goutte de trop dans un vase, peut soudain bouleverser l’équilibre du corps. D’un cœur qui cogne à la fatigue surprenante, l’effet boule de neige se fabrique souvent sans bruit, surtout quand on ne compte pas les petits excès qui s’additionnent. Il vaut mieux garder l’œil ouvert pour profiter du goût sans que la routine ne vire à la mauvaise surprise.
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La réglisse, cette douceur qui inquiète désormais les experts
Les rouleaux noirs ou les tisanes à la réglisse évoquent une douceur d’enfance ? Voilà un réflexe rassurant, mais pas aussi inoffensif qu’il y paraît. Depuis juin 2025, l’ANSES tire la sonnette d’alarme : une consommation régulière, même minime, peut sérieusement perturber la santé, du cœur aux reins, sans prévenir. Faut-il se méfier avant de replonger la main dans un sachet de bonbons ou de servir un verre de soda aromatisé ? Voici l’essentiel, sans détour.
La glycyrrhizine : le vrai visage caché de la réglisse
Impossible d’y échapper : cette molécule se faufile partout, des bonbons rétro aux infusions du soir, en passant par certains compléments alimentaires. L’acide glycyrrhizique, ou glycyrrhizine, provient directement de cette plante méditerranéenne. Ses atouts anti-inflammatoires font rêver sur le papier, mais la réalité se complique dès que la dose grimpe doucement… puis bascule dans l’excès.
Quand un plaisir banal devient risqué
Sous ses airs inoffensifs, la glycyrrhizine peut sérieusement dérégler l’équilibre électrolytique de l’organisme. Résultat : le potassium s’effondre, les muscles réclament de l’énergie, la tension s’affole, le cœur bat la chamade… Parfois, cela va jusqu’à l’arythmie ou l’insuffisance rénale. Une simple gourmandise pour certains, une vraie alerte à l’hôpital pour d’autres.
À partir de quand lever le pied ?
Avis tranché de l’ANSES : dès 0,14 mg/kg/jour, l’alerte se déclenche. Un adulte moyen atteint ce seuil avec à peine 10 mg quotidiens – une quantité qu’on avale sans s’en rendre compte avec quelques cuillerées de confiseries ou trois tasses d’infusion. Les chiffres interpellent : 6 adultes sur 10 et près d’un enfant consommateur sur deux franchissent déjà la limite. Cette situation s’explique par l’accumulation des petits plaisirs dans la journée.
| Produit | Exposition fréquente | Contribution au risque |
|---|---|---|
| Bonbons noirs | Enfants, adultes | Élevée |
| Boissons réglisse | Tous âges | Variable, souvent sous-estimée |
| Infusions | Seniors, amateurs de tisanes | Modérée à élevée |
Des cas sévères signalés : brefs mais lourds de conséquences
Plus de 100 incidents recensés depuis 2009 rappellent que la gourmandise n’est pas sans risque. Hypertension résistante, hypokaliémie demandant parfois une hospitalisation : ce qui paraît léger s’installe parfois en secret. Drôle de paradoxe : la réglisse sent bon l’innocence, personne ne pense à elle devant le médecin.
Conseil santé : « Après plusieurs épisodes de palpitations, de crampes ou de fatigue inhabituelle, il vaut mieux retracer précisément la consommation d’aliments et de boissons contenant de la réglisse, surtout avant toute prise de sang ou rendez-vous médical. »
Qui doit vraiment s’alarmer face à la surdose ?
La liste des personnes concernées n’a rien d’anecdotique. Surveillance médicale, attente d’un enfant, traitements pour troubles cardiaques ? Ici, la prudence n’est pas un luxe. Même en faible quantité, la réglisse peut aggraver la situation des profils les plus fragiles.
- Enfants : leur faible poids rend l’impact plus marqué pour la même dose.
- Femmes enceintes ou allaitantes : vigilance accrue, la réglisse reste à éviter.
- Personnes hypertendues, malades du rein ou du foie : terrain vulnérable.
- Patients sous diurétiques, glucocorticoïdes ou traitements cardiaques : attention au mélange.
La surveillance ne s’arrête pas au sachet de bonbons. La réglisse, mentionnée parfois sous le nom d’extrait naturel, se cache aussi sous l’additif E958, dans bien des produits du quotidien. Résultat : d’un produit à l’autre, l’exposition grimpe sans que l’on s’en doute.
L’étiquette, un guide trop discret…
La réglementation impose d’indiquer « contient de la réglisse » à partir d’un certain seuil, mais cette mention se fait parfois oublier, notamment sur des produits importés. Long chemin à parcourir pour atteindre la même vitesse que le grignotage au quotidien.
La prudence, le vrai réflexe : comment éviter l’excès ?
Lire les étiquettes, traquer l’E958, privilégier la modération à l’habitude : voici les bons réflexes à adopter, sans basculer dans la psychose. Les spécialistes insistent : le piège ne vient pas de la rare friandise, mais de l’addition discrète, mois après mois… et de ce qu’on oublie de signaler au médecin.
- Limiter la consommation régulière de produits à base de réglisse.
- Informer le médecin si une prise de médicaments s’ajoute à la routine réglisse.
- Être attentif au moindre avertissement du corps : crampes, battements cardiaques inhabituels, tension élevée.
Réglisse et santé : la vigilance avant la privation
Le message de l’ANSES agit comme un rappel, subtil mais non négligeable. Derrière l’image douce de la plante méditerranéenne, l’acide glycyrrhizique requiert une approche raisonnée. Un réflexe utile pour les parents, mais aussi pour les amateurs de sucreries, et une bonne occasion d’adopter de nouveaux réflexes lorsque l’envie de réglisse se manifeste dans les rayons.
Mis à jour le 10 août 2025